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But de la vie

"Je porte toujours cette question dans mon cœur : que dois-je faire pour tirer le meilleur de ma courte vie?"

John Wesley (1703 - 1791)

vendredi 12. avril 2019 11:00Il y a : 8 days
/ Catégorie : Du monde, CA CH-F, D'Europe

Les décisions prises à la Conférence générale suscitent le débat dans le monde entier

Les méthodistes du monde entier débattent actuellement des conséquences de la décision prise par la Conférence générale extraordinaire de la « United Methodist Church » mondiale. Des discussions qui semblent encore consolider la polarisation déjà perceptible lors de la Conférence générale.

(Photo : Saint Mark United Methodist Church / UMNS)

Réunie à fin février 2019 à St-Louis (USA), la Conférence générale extraordinaire, la plus haute instance législative de l’Église méthodiste mondiale, a décidé à une faible majorité de confirmer son appréciation négative de la pratique de l’homosexualité et de renforcer les dispositions applicables en la matière.

Un message sans équivoque
Les partisans du « Projet de maintien du règlement existant » (Traditional Plan) ont confirmé les effets de la décision. Jerry Kulah, directeur d’un centre de formation méthodiste au Libéria, a ainsi notamment écrit : « Le message diffusé dans le monde entier est que l’UMC mondiale a rejeté la légalisation du mariage entre des personnes de même sexe, l’ordination de pasteurs gays et de pasteures lesbiennes et la célébration de mariages homosexuels dans les églises de l’UMC. C’est ce pour quoi nous avons jeûné et prié, et Dieu a exaucé nos prières. »

Résistance aux États-Unis
Dans certaines parties des États-Unis et en Europe, on constate, à côté des voix favorables au plan traditionnel, une forte résistance au décisions rendues par la Conférence générale. Ainsi, par exemple, 1100 membres pastoraux et laïques de la Conférence états-unienne de l’Iowa ont-ils signé une prise de position déplorant le fait que la décision de la Conférence générale a profondément blessé les personnes de la communauté LGBTQ. Les signataires réaffirment par ailleurs qu’ils ne respecteront plus les restrictions relatives à l’ordination et au mariage de personnes homosexuelles. Certaines communautés aux États-Unis ont décidé de déposer leurs contributions sur un compte séquestre et de ne plus les verser à l’UMC. Plusieurs églises méthodistes arborent en outre le drapeau arc-en-ciel. Ces couleurs sont parfois aussi délibérément utilisées pour recouvrir l’inscription « United Methodist Church » sur des panneaux ou des vitrines.

Pétition en Norvège
En Norvège, une campagne de signatures demande la création d’une commission chargée d’examiner comment faire en sorte d’accorder aux méthodistes LGBTQ l’égalité de traitement dans les domaines du mariage et de l’ordination, même si cela doit avoir pour conséquence de contraindre la Conférence annuelle de Norvège de quitter l’UMC. Le pasteur danois Ole Birch estime que 90 pour cent des méthodistes de son pays sont opposés au « Projet de maintien du règlement ».

Prise de position claire en Allemagne
Le Comité directeur de l’Église Évangélique Méthodiste d’Allemagne a lui aussi déclaré dans une prise de position rédigée lors de sa réunion ordinaire de début mars : « Indépendamment de nos convictions sur le fond, nous sommes unanimes sur le fait que les dispositions prescrites par le plan traditionnel sont inacceptables pour notre Église en Allemagne. » C’est pourquoi l’EEM allemande « n’adhérera pas à l’option de contrôle des opinions et de renforcement des sanctions qui a été choisie ». Le Comité directeur de l’Église appelle par ailleurs tous les groupements de l’EEM en Allemagne à travailler à la préservation de l’unité. L’Église ne pourra rester ensemble que si elle parvient à « vivre la proximité et la reconnaissance, même en cas de désaccord sur des questions profondes. C’est pourquoi nous voulons être une Église apte aussi bien à ordonner et à bénir l’union de personnes homosexuelles que de permettre à des personnes ayant des vues traditionnelles de conserver leur vision des choses et leur mode de vie. »

Groupe de réflexion en Europe du Centre et du Sud
Le Comité exécutif de la Conférence centrale d’Europe du Centre et du Sud, à laquelle appartiennent aussi les méthodistes de Suisse et de France, s’est également penché début mars sur les décisions de la Conférence générale extraordinaire. Malgré la volonté réaffirmée de trouver une voie commune à l’ensemble de la Conférence centrale, les discussions ont été marquées par les divergences d’opinions concernant la pratique de l’homosexualité. Un groupe de réflexion a été mis sur pied pour élaborer des scénarios visant à permettre à la Conférence centrale de rester le plus étroitement liée et/ou unie possible.

Réactions critiques
Les partisans du « Projet de maintien du règlement existant » ont quant à eux critiqué le rôle des évêques impliqués.
Walter Fenton, vice-président de la Wesleyan Covenant Association, un groupe conservateur qui s’est beaucoup investi en faveur de ce projet, écrit dans un article :
« Durant une grande partie de ces deux dernières années, des évêques méthodistes aux États-Unis ont encouragé les membres de leur Église à prier pour le travail de la commission et pour la session de la Conférence générale extraordinaire. Les membres de la commission (désignés par les évêques) et de la Conférence générale extraordinaire (convoquée par les évêques) avaient pour mandat de présenter et d’adopter un plan permettant de clarifier le débat délétère relatif à l’éthique sexuelle de l’Église, la doctrine du mariage et les principes de l’ordination.
Or, depuis la Conférence générale, pas un jour ne s’est écoulé sans qu’un évêque des États-Unis critique vertement les décisions rendues, présente ses excuses ou déclare qu’il refuse de suivre la volonté de la Conférence générale que les évêques ont convoquée et pour laquelle ils avaient demandé aux fidèles méthodistes de prier. »

Leçons à tirer de la session
Megan Thomas, membre de l’Église méthodiste britannique, présente lors de la session de la Conférence générale en tant que représentante de cette Église concordataire, est citée en ces termes dans un rapport concernant des discussions similaires qui ont eu lieu dans sa propre Église cette année : « La leçon que l’Église méthodiste britannique a pu en tirer… est que nous devons faire mieux. » Elle pense concrètement aux points suivants : « Nous devons faire mieux dans tous ce qui touche au fait de conférer, de discuter et de débattre. Nous devons faire mieux dans la manière dont nous nous incluons et dont nous nous adressons les uns aux autres. » (Methodist Recorder du 8 mars 2019)
Les méthodistes en Suisse, en France et en Afrique du Nord continueront à étudier les décisions de la Conférence générale dans le cadre de discussions et de délibérations à différents niveaux. En juin, la « Conférence annuelle » (synode) qui siègera à Wettingen traitera elle aussi des résultats issus de la Conférence générale, sans toutefois devoir prendre de décisions à ce stade.

Sources :

Sam Hodges, Resistance to GC2019 spreads (UMNS, angl.)
Mark Tooley, African Leader Challenges Liberal United Methodists (angl.)
Klaus Ulrich Ruof, Das Ringen um einen Weg zur Bewahrung der Einheit (emk.de, all.)
Walter Fenton, No Apologies for the Traditional Plan (WCA, angl.)
Chris Ritter, UM Fallout: A Compendium (angl.)


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